La décentralisation en Mauritanie

Engagé depuis 1986, la réforme de décentralisation en Mauritanie a abouti à la création d’aujourd’hui de 15 régions, 218 communes dont 53 communes urbaines, chefs-lieux de wilayas (équivalant aux régions) et de moughataas (équivalant aux départements) et 136 communes rurales.

Pour autant, ce processus demeure inachevé La déclaration politique de décentralisation et de développement local forme la base des interventions de la coopération allemande dans le domaine de la décentralisation. Cependant, la réforme de la décentralisation ne peut être mise en œuvre avec succès que si tous les agents et responsables au niveau des communes bénéficient d’une meilleure qualification. Cette dernière leur permet d’accomplir des tâches conformément à leurs statuts.

Dans ce cadre une stratégie nationale de formation des acteurs de la décentralisation a été élaborée et validée en 2011 par le gouvernement mauritanien.
Le projet “formation en décentralisation” de la coopération allemande vise à appuyer le gouvernement dans la mise en œuvre de cette stratégie.
Ainsi les programmes « Bonne gouvernance » mis en œuvre par la GIZ s’alignent sur la Déclaration politique de décentralisation et de développement local du Gouvernement mauritanien et sur le plan d’action 2011-2015 de la Direction Générale des Collectivités Territoriales (DGCT) qui considèrent que « Les ressources humaines constituent le facteur déterminant dans la réussite de la réforme de décentralisation » et plus globalement de son impact sur la réduction de la pauvreté et prévoient la mise en place d’« un programme global de formation, d’encadrement des élus, et du personnel des collectivités territoriales».

Le déficit constaté en matière de formation initiale et continue à l’endroit des agents communaux et des élus locaux, malgré les efforts de l’État et des Partenaires en la matière, souligne la nécessité de mettre en place des dispositifs de formation à l’échelle nationale adaptée tant aux élus qu’aux personnels communaux.

 

 

Répertoire de compétences

L’adoption de "l’approche par les compétences à travers les référentiels de compétences a permis de mieux saisir les implications et les interrelations que nécessite l'articulation des référentiels métiers avec ceux de la formation.
Les normes professionnelles sont définies à partir des compétences requises et formulées en exigences de qualifications professionnelles. Ces compétences exigées par le système productif à savoir les élus et le personnel communal dans ce cas, sont à la base de la rénovation de l’ingénierie de la formation.


Le répertoire de compétences porte sur les profils professionnels et sectoriels des professionnels. Ce répertoire de compétences couvre une partie du secteur de la décentralisation.
D’autre part ce répertoire de compétences qui se matérialise en une base données exhaustive offre l’occasion de gérer de suivre et d’inventorier l’ensemble de la production pédagogique à savoir :
- Les référentiels métiers
- Les référentiels de compétences
- Les référentiels de formation
- Les modules de formation
- Les supports d’évaluations des acquis des  apprenants
- Les ressources formatives

 

Formation des formateurs

Le processus de formation des formateurs s’articule autour de plusieurs étapes, dont la première consiste à identifier les formateurs potentiels au travers d’un appel à candidature, pour dans un second temps s’assurer de leur niveau au travers d’un bilan des compétences consigné dans des fiches d’identification.

Les formateurs retenus ont bénéficié d’une formation pédagogique initiale autour de 6 thématiques liées à la formation (approche par compétences, préparer et animer une séance de formation, évaluer les acquis, les techniques de l’approche participative, modules informatiques), afin qu’ils soient en mesure d’élaborer par eux-mêmes leurs modules de formation sur leur thématique de prédilection, puis d’un perfectionnement technique. Ces derniers sont accompagnés durant les actions de formation qu’ils animent.
Le projet accompagne la structuration d’un réseau national des formateurs, dans une optique de diffusion des connaissances et de partage des bonnes pratiques. De plus le référencement des formateurs dans la base de données permet la traçabilité des différentes prestations qu’ils ont animées et en garantit la qualité au travers des évaluations systématiques réalisées.

 

Plan global de formation

Le projet a réalisé une identification des besoins de formation des personnels communaux et des élus locaux dans l’ensemble des communes de la Mauritanie.
Pour cette expérience, première en son genre en Mauritanie, treize fonctions de travail municipales ont été ciblées pour l’identification des besoins de formation des agents qui les occupent, en vue de l’élaboration d’un plan de formation continue et pluriannuel. Ce travail a concerné dix fonctions de travail municipales.

Toutes les communes de la Mauritanie ont été visitées une à une. Les élus locaux et les agents municipaux des communes furent interviewés à l’aide d’outils conçus spécifiquement à cette fin (notamment une fiche d’identification de l’agent (commune à tous) et une autre fiche de métier /fonction particulière à chaque fonction de travail ou poste). Ces outils permettent d’établir la situation sur le niveau de maîtrise du personnel pour chaque compétence figurant dans le référentiel de compétences.
Sur la base de ce travail très exhaustif, il est possible d’organiser selon les besoins prioritaires, les zones géographiques et la langue de formation souhaitée, des formations auprès des agents des collectivités.

 

Système de suivi et de gestion des formations

 

   

Chaque formation fait l’objet d’évaluations systématiques :

- D’une part évaluation    des acquis de l’apprenant,

 - D’autre part évaluation de la prestation de formation par les apprenants eux-mêmes selon différents angles de vue : méthodes, acquisitions personnelles, supports d’animation, etc.

Ces fiches permettent de réaliser une synthèse de la formation, assortie du rapport du formateur, qui permette une traçabilité des actions de formation réalisées ainsi que de leur qualité, dans une optique d’amélioration continue.

 

 

Former les acteurs de la décentralisation

Les approches utilisées dans les formations dispensées relèvent de techniques d’animation actives, où l’apprenant participe activement à son apprentissage. La formation est donc orientée vers des travaux pratiques et le traitement de cas réels similaires à ceux rencontrés lors du quotidien professionnel.

 

Conception et mise en place d’un dispositif de formation en décentralisation

Une étude préalable a permis de déterminer la faisabilité d’un dispositif pérenne de formation des acteurs de la décentralisation en Mauritanie. Réalisée pour le compte du Gouvernement mauritanien. Ce tour d’horizon a permis d’avoir une idée claire sur les interrogations des autorités et responsables mauritaniens, le point de vue des élus et le positionnement des partenaires appuyant la décentralisation.
L’identification d’un scénario adapté au contexte mauritanien s’est adossée à la vision issue de la déclaration de politique de décentralisation et de développement local du gouvernement Mauritanien. Cette déclaration a confirmé l’orientation de l’État mauritanien pour le renforcement de la décentralisation et sa détermination à en faire un instrument en faveur du développement local. La formation des acteurs de la décentralisation a été pointée comme un facteur déterminant.